Accueil Famille Garde alternée pour les jeunes enfants : études scientifiques

Garde alternée pour les jeunes enfants : études scientifiques

La résidence ou garde alternée est-elle bénéfique pour les enfants en bas-âge ? Beaucoup de parents se posent la question et les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur les conclusions à tirer des différentes études scientifiques. Voici des éléments qui pourront éclairer les jeunes parents séparés qui cherchent un mode de garde adapté au bien-être de leur enfant.

Une semaine chez maman, une semaine chez papa, sur le papier l’idée semble séduisante. Mais est-ce que cette organisation est vraiment adaptée à votre enfant ? C’est une question que se posent de plus en plus de couple au moment de leur séparation.

Chaque jours en France, des dizaines de divorces sont officialisés devant un juge. Mais le chiffre précis est devenu compliqué à calculer. Depuis janvier 2017, il y a eu un changement législatif concernant les divorces. Depuis cette date, la convention établie par les époux et leurs avocats est enregistrée auprès d’un notaire, sauf si un enfant demande à être auditionné. Un jugement n’est donc plus nécessaire ce qui a entraîné une diminution considérable des divorces prononcés par le juge aux affaires familiales.

Mais ce n’est pas pour autant que les couples se séparent moins. Et qui dit rupture avec des enfants dit forcément choix d’un mode de garde. C’est souvent une décision difficile à prendre. Quand les parents ne sont pas d’accord et qu’une médiation n’a pas pu apaiser les tentions, c’est au juge des affaires familiales de trancher. Et c’est triste à dire, mais en France nous avons des années de retard sur ce sujet.

La justice française favorise les mères

De nos jours, de plus en plus de pères demandent la garde alternée. Ils veulent eux aussi s’impliquer dans la construction et l’éducation de leur(s) enfant(s). Le schéma de la femme à la maison qui s’occupe du foyer et de l’homme au travail qui gère sa carrière n’est plus du tout d’actualité. Mais la justice française ne semble pas avoir évolué avec son temps. En 2017, le gouvernement a publié une étude sur son site justice.gouv.fr concernant 180 300 demandes relatives à la prise en charge des enfants dans les ruptures familiales. Et les chiffres sont assez alarmant…

Répartition de l’attribution de la résidence des enfants par les J.A.F (juges des affaires familiales) :

  • Chez la mère dans 80% des séparations
  • En alternance dans 11% des séparations
  • Chez le père dans 8% des séparations

Cette inégalité s’accentue pour la garde des bébés ou des jeunes enfants. Dans ces résultats nous pouvons constater que la part de la résidence chez le père s’accroît avec l’âge de l’enfant : de 5 % pour les plus jeunes à 16 % pour les adolescents. La résidence chez la mère est la plus fréquente chez les plus jeunes enfants et l’alternance moindre, respectivement 82 % et 10 % chez les moins de 6 ans.

Plus il y a de conflits entre les parents moins les juges accordent de résidence alternée. Et les mères le savent très bien. Souvent conseillées par des avocats, elles n’ont aucune raison de favoriser le dialogue ou d’accepter des rendez-vous de médiation, bien au contraire. Si elles ne s’entendent pas avec le père, le juge ira dans leurs sens et leur attribuera la résidence principale de l’enfant. C’est un point noir des décisions de justice qui contribue dans certains cas à accentuer les tensions au sein des familles.

Pour résumé, à l’heure actuelle en France, si vous êtes père, que votre enfant à moins de 6 ans, et que la mère n’est pas d’accord pour une résidence alternée, vous avez moins de 10% de chance de l’obtenir.

Et les décisions en appel ne sont pas plus glorieuses. Dans 9 cas sur 10 la cours confirme, soit totalement, soit partiellement, la décision prise en première instance.

Derrière ces chiffres se cachent des milliers de pères détruits et déboussolés qui ont l’impression de vivre un véritable kidnapping légal validé par la justice. Ils sont condamnés à devenir ce que l’on appelle tristement des “papas du dimanche“. Condamné à voir leur fils ou leur fille seulement un week-end sur deux. Certains ont la chance d’avoir une garde élargie, d’autres passent moins de 4 jours par mois avec leurs enfants.

Les associations d’égalité parentale se multiplient, certains pères montent en haut des grues, s’enchaînent devant les tribunaux, voir même, commettent l’irréparable. C’est la triste réalité en France aujourd’hui. Mais le gouvernement et les médias restent insensibles à tout ces cris d’alerte. Pourtant dans de nombreux pays d’Europe, souvent cités en exemple pour l’éducation et le bien-être des enfants, les choses évolues. En Suède, la résidence alternée concerne 40% des enfants de couples séparés.

Ces décisions sont d’autant plus affligeantes car qu’elles vont à l’encontre des études scientifiques.

Les études scientifiques sur la garde alternée

Richard Warshak (Etats-Unis – 2014)

Chercheur et professeur en psychologie à l’Université Southwestern Medical Center du Texas.

Il a rédigé un consensus sur le mode de garde à privilégier en cas de séparation. Le consensus international de Warshak est une méta-analyse sur plus de quarante années de publications scientifiques concernant le mode de garde après une séparation.

Une méta-analyse est une étude scientifique qui compile et synthétise les résultats de différentes études en recherche médicales. Elle permet une analyse plus précise des données par l’augmentation du nombre de cas étudiés et de tirer une conclusion globale. Pour cette raison, il s’agit du type d’étude scientifique le plus puissant en termes de preuves scientifiques.

C’est donc par une méta-analyse de toutes les études existantes des quarante dernières années que Richard Warshak établit son consensus qui a été validé par la suite par 110 experts spécialistes des sciences sociales comme Joan Kelly, psychologue, chercheuse et directrice en chef du Centre de Médiation de Californie du Nord. Selon le professeur Warshak, la garde alternée devrait être la norme pour les enfants de tout âge, y compris pour les bébés et les plus jeunes âgés de moins de 6 ans.

Mais Richard Warshak va plus loin, il constitue une méta-analyse d’une trentaine d’études qui révèle un meilleur fonctionnement émotionnel, comportemental et scolaire des enfants en garde alternée par rapport aux enfants en garde exclusive, quel que soit le niveau de conflit entre les parents.

Le chercheur souligne aussi le bénéfice de la garde alternée même en cas d’opposition de l’un des deux parents à ce mode de garde. Dans 80% des familles étant en garde alternée, l’un ou les deux parents au départ ne souhaitaient pas et n’acceptaient pas l’arrangement.

SOURCE :

Linda Nielsen (Etats-Unis – 2014)

Professeur de psychologie de l’adolescence et de l’éducation à l’Université de Wake Forest.

Elle a mené de nombreuses recherches reconnues mondialement sur les effets de la parentalité partagée. Un de ses travaux les plus reconnus est la synthèse d’une quarantaine d’études sur le sujet sur le bien-être des enfants bénéficiant d’une garde exclusive ou partagée. Le constat est sans appel, les jeunes vivant en résidence alternée obtiennent un meilleur cursus scolaire, sont moins déprimés et plus équilibrés psychologiquement. Ils sont également moins angoissés à l’idée de devoir prendre soin de leur mère.

Dans cette synthèse, d’autres études montrent que les enfants en résidence alternée ne se portent pas plus mal voire mieux que ceux dont la garde a été attribuée à la mère. Ces statistiques soulignent que quel que soit le mode de garde choisi, c’est le fait d’avoir une mère dépressive, des parents en conflit (ce qui peut être le cas dans tous types de famille) ou le tempérament de l’enfant qui détermine son état d’esprit.

Linda Nielsen constate que « les parents n’ont pas à être exceptionnellement coopérant, sans conflit (…) et mutuellement enthousiaste à la garde alternée pour que cela profite à l’enfant ».

SOURCE :

William Fabricius (États-Unis – 2017)

Professeur agrégé de psychologie à l’Université d’Arizona State (États-Unis).

Il a mené plusieurs études reconnues mondialement et publiées notamment dans la revue “Psychology, Public Policy and Laws” et dans le magzaine “SciencePost”. La recherche porte sur 217 familles unies, comprenant le père biologique, et 175 familles recomposées, avec un beau-père présent et jouant le rôle de père. L’échantillon est composé de 187 garçons et 205 filles. Ces familles appartiennent à différentes catégories sociales. Les 392 familles passent des entretiens et remplissent un questionnaire. Elles sont ensuite suivies durant 3 ans.

Dans ses études, il démontre les avantages pour les très jeunes enfants, âgés de 2 ans et moins, à passer autant de nuit chez les deux parents. Il constate notamment un meilleur équilibre à l’adolescence et surtout des relations plus saine et plus solide avec les deux figures d’attachement : le père et la mère.

SOURCES :

Malin Bergström (Suède – 2018)

Chercheuse et clinicienne en psychologie à l’institut Karolinska à Stockholm.

Dans une étude scientifique portant sur 3 662 enfants âgés de 2 à 9 ans, Bergström conclue que les enfants en garde alternée souffrent de moins de problèmes psychologiques que ceux en garde exclusive.

La clinicienne constate Malin Bergström constate également que « les enfants d’âge préscolaire et les très jeunes enfants (…) en garde alternée ont obtenu des résultats aussi bons, voire meilleurs, que ceux vivant avec un seul parent ».

SOURCE :

Michel Grangeat (France – 2018)

Maître de conférence en sciences de l’éducation habilité à diriger des recherches. Membre du conseil scientifique de l’enseignement scolaire (CSES) de la DGESCO et membre fondateur du Conseil International sur la Résidence Alternée (CIRA / ICSP), chercheur au LSE et enseigne à l’IUFM de l’Université Grenoble.

Souvent utiliser comme argument par les juges ou les personnes contre la résidence alternée, Michel Grangeat part du constat qu’il n’y a pas de compétition entre l’attachement au père et celui à la mère. Il s’appuie sur les analyses du professeur Michael Lamb, ancien chef du département psychologie de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni. Ce chercheur démontre en regroupant plusieurs études que vouloir quantifier et prioriser les liens d’attachement n’a pas de sens. Les enfants sont prédisposés à construire et à profiter de plusieurs liens d’attachement. Les mères ne sont pas, par nature, plus sensibles et réactives aux enfants que les pères. Le facteur principal qui explique les différences, c’est la quantité de temps passé à interagir avec l’enfant : plus le parent est engagé dans le soin au bébé, plus il devient sensible et réactif à ses signaux.

Ce qui va impacter le développement de l’enfant, ce n’est pas les questions matérielles comme les déplacements d’une maison à l’autre, c’est la qualité de la relation que l’enfant va pouvoir entretenir avec chacun de ses parents. Cette qualité de relation, elle reste dépendante du fait de pouvoir être suffisamment en contact avec le parent. Si l’enfant est privé de voir son père suffisamment il ne peut pas créer de relation d’attachement sécurisante avec lui. C’est un fait.

Michel Grangeat complète et détaille également les recherches de William Fabricius (cité au-dessus) pour démontrer que la garde alternée est bénéfique même pour les plus jeunes. Quels que soient le niveau de conflit des parents, leur degré d’étude ou leurs revenus, plus le bébé (1 an) ou le tout petit enfant (2 ans) a passé de nuits avec son père, jusqu’à 50 %, plus il a une relation équilibrée avec ses parents à l’âge adulte.

SOURCES :

Comment faire évoluer la justice en France ?

Même si de nombreuses études scientifiques prouvent les bienfaits de ce mode de garde, la route est encore longue pour faire changer les mentalités. La justice française a des convictions arrêtées sur le sujet et il semble vraiment compliqué de lui faire entendre raison. Des milliers de pères s’y sont “cassés les dents” ces dernières années.

Les papas peuvent se faire accompagner par un bon avocat, monter un dossier béton, avoir des arguments solides et prouver du mieux possible leur bonne volonté, rien n’y fait. Les tribunaux croulent sous les dossiers et les affaires défilent à une vitesse folle toute la journée. En moyenne, l’audience dure 15 à 20 minutes. Parfois les pères peuvent dire quelques phrases pour se justifier et essayer d’argumenter, parfois non. En réalité, la décision est déjà souvent prise avant de rentrer dans le bureau du juge des affaires familiales.

Nous vous communiquions les chiffres en début d’article, à peine 10% des pères obtiennent une garde alternée en cas de désaccords entre les parents. Tout est dit.

Le chemin sera donc très long pour faire évoluer les choses. Nous pensions il y a quelques années, vers le début des années 2010, qu’il commençait à y avoir une prise de conscience dans l’opinion et chez certains politiques. Malheureusement, 10 ans après, les lignes n’ont pas beaucoup bougées. Il y a bien eu une petite évolution, et certaines décisions de JAF vont dans le bon sens, mais au vu des chiffres c’est dérisoire.

Pour qu’il y ait une réelle prise de conscience, il faudrait que les médias s’emparent massivement du sujet. Et que les femmes fassent aussi de ce sujet un des enjeux majeurs de la lutte pour la parité. D’ici là, on vous encourage à partager au maximum cet article et à nous donner votre avis ou votre retour d’expérience dans les commentaires. Papa de France et d’ailleurs, ne lâchez rien ! Votre combat pour, vous aussi, faire partie intégrante de la vie de vos enfants est essentiel.

ARTICLES COMPLÉMENTAIRES :

Bien entendu, d’autres spécialistes ne préconisent pas ce mode de garde pour les jeunes enfants. Néanmoins, les études citées ci-dessus sont les plus récentes et s’appuient sur des éléments concrets et détaillés.

La résidence ou garde alternée est-elle bénéfique pour les enfants en bas-âge ? Beaucoup de parents se posent la question et les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur les conclusions à tirer des différentes études scientifiques. Voici des éléments qui pourront éclairer les jeunes parents séparés qui cherchent un mode de garde adapté au bien-être de leur enfant.

Une semaine chez maman, une semaine chez papa, sur le papier l’idée semble séduisante. Mais est-ce que cette organisation est vraiment adaptée à votre enfant ? C’est une question que se posent de plus en plus de couple au moment de leur séparation.

Chaque jours en France, des dizaines de divorces sont officialisés devant un juge. Mais le chiffre précis est devenu compliqué à calculer. Depuis janvier 2017, il y a eu un changement législatif concernant les divorces. Depuis cette date, la convention établie par les époux et leurs avocats est enregistrée auprès d’un notaire, sauf si un enfant demande à être auditionné. Un jugement n’est donc plus nécessaire ce qui a entraîné une diminution considérable des divorces prononcés par le juge aux affaires familiales.

Mais ce n’est pas pour autant que les couples se séparent moins. Et qui dit rupture avec des enfants dit forcément choix d’un mode de garde. C’est souvent une décision difficile à prendre. Quand les parents ne sont pas d’accord et qu’une médiation n’a pas pu apaiser les tentions, c’est au juge des affaires familiales de trancher. Et c’est triste à dire, mais en France nous avons des années de retard sur ce sujet.

La justice française favorise les mères

De nos jours, de plus en plus de pères demandent la garde alternée. Ils veulent eux aussi s’impliquer dans la construction et l’éducation de leur(s) enfant(s). Le schéma de la femme à la maison qui s’occupe du foyer et de l’homme au travail qui gère sa carrière n’est plus du tout d’actualité. Mais la justice française ne semble pas avoir évolué avec son temps. En 2017, le gouvernement a publié une étude sur son site justice.gouv.fr concernant 180 300 demandes relatives à la prise en charge des enfants dans les ruptures familiales. Et les chiffres sont assez alarmant…

Répartition de l’attribution de la résidence des enfants par les J.A.F (juges des affaires familiales) :

  • Chez la mère dans 80% des séparations
  • En alternance dans 11% des séparations
  • Chez le père dans 8% des séparations

Cette inégalité s’accentue pour la garde des bébés ou des jeunes enfants. Dans ces résultats nous pouvons constater que la part de la résidence chez le père s’accroît avec l’âge de l’enfant : de 5 % pour les plus jeunes à 16 % pour les adolescents. La résidence chez la mère est la plus fréquente chez les plus jeunes enfants et l’alternance moindre, respectivement 82 % et 10 % chez les moins de 6 ans.

Plus il y a de conflits entre les parents moins les juges accordent de résidence alternée. Et les mères le savent très bien. Souvent conseillées par des avocats, elles n’ont aucune raison de favoriser le dialogue ou d’accepter des rendez-vous de médiation, bien au contraire. Si elles ne s’entendent pas avec le père, le juge ira dans leurs sens et leur attribuera la résidence principale de l’enfant. C’est un point noir des décisions de justice qui contribue dans certains cas à accentuer les tensions au sein des familles.

Pour résumé, à l’heure actuelle en France, si vous êtes père, que votre enfant à moins de 6 ans, et que la mère n’est pas d’accord pour une résidence alternée, vous avez moins de 10% de chance de l’obtenir.

Et les décisions en appel ne sont pas plus glorieuses. Dans 9 cas sur 10 la cours confirme, soit totalement, soit partiellement, la décision prise en première instance.

Derrière ces chiffres se cachent des milliers de pères détruits et déboussolés qui ont l’impression de vivre un véritable kidnapping légal validé par la justice. Ils sont condamnés à devenir ce que l’on appelle tristement des “papas du dimanche“. Condamné à voir leur fils ou leur fille seulement un week-end sur deux. Certains ont la chance d’avoir une garde élargie, d’autres passent moins de 4 jours par mois avec leurs enfants.

Les associations d’égalité parentale se multiplient, certains pères montent en haut des grues, s’enchaînent devant les tribunaux, voir même, commettent l’irréparable. C’est la triste réalité en France aujourd’hui. Mais le gouvernement et les médias restent insensibles à tout ces cris d’alerte. Pourtant dans de nombreux pays d’Europe, souvent cités en exemple pour l’éducation et le bien-être des enfants, les choses évolues. En Suède, la résidence alternée concerne 40% des enfants de couples séparés.

Ces décisions sont d’autant plus affligeantes car qu’elles vont à l’encontre des études scientifiques.

Les études scientifiques sur la garde alternée

Richard Warshak (Etats-Unis – 2014)

Chercheur et professeur en psychologie à l’Université Southwestern Medical Center du Texas.

Il a rédigé un consensus sur le mode de garde à privilégier en cas de séparation. Le consensus international de Warshak est une méta-analyse sur plus de quarante années de publications scientifiques concernant le mode de garde après une séparation.

Une méta-analyse est une étude scientifique qui compile et synthétise les résultats de différentes études en recherche médicales. Elle permet une analyse plus précise des données par l’augmentation du nombre de cas étudiés et de tirer une conclusion globale. Pour cette raison, il s’agit du type d’étude scientifique le plus puissant en termes de preuves scientifiques.

C’est donc par une méta-analyse de toutes les études existantes des quarante dernières années que Richard Warshak établit son consensus qui a été validé par la suite par 110 experts spécialistes des sciences sociales comme Joan Kelly, psychologue, chercheuse et directrice en chef du Centre de Médiation de Californie du Nord. Selon le professeur Warshak, la garde alternée devrait être la norme pour les enfants de tout âge, y compris pour les bébés et les plus jeunes âgés de moins de 6 ans.

Mais Richard Warshak va plus loin, il constitue une méta-analyse d’une trentaine d’études qui révèle un meilleur fonctionnement émotionnel, comportemental et scolaire des enfants en garde alternée par rapport aux enfants en garde exclusive, quel que soit le niveau de conflit entre les parents.

Le chercheur souligne aussi le bénéfice de la garde alternée même en cas d’opposition de l’un des deux parents à ce mode de garde. Dans 80% des familles étant en garde alternée, l’un ou les deux parents au départ ne souhaitaient pas et n’acceptaient pas l’arrangement.

SOURCE :

Linda Nielsen (Etats-Unis – 2014)

Professeur de psychologie de l’adolescence et de l’éducation à l’Université de Wake Forest.

Elle a mené de nombreuses recherches reconnues mondialement sur les effets de la parentalité partagée. Un de ses travaux les plus reconnus est la synthèse d’une quarantaine d’études sur le sujet sur le bien-être des enfants bénéficiant d’une garde exclusive ou partagée. Le constat est sans appel, les jeunes vivant en résidence alternée obtiennent un meilleur cursus scolaire, sont moins déprimés et plus équilibrés psychologiquement. Ils sont également moins angoissés à l’idée de devoir prendre soin de leur mère.

Dans cette synthèse, d’autres études montrent que les enfants en résidence alternée ne se portent pas plus mal voire mieux que ceux dont la garde a été attribuée à la mère. Ces statistiques soulignent que quel que soit le mode de garde choisi, c’est le fait d’avoir une mère dépressive, des parents en conflit (ce qui peut être le cas dans tous types de famille) ou le tempérament de l’enfant qui détermine son état d’esprit.

Linda Nielsen constate que « les parents n’ont pas à être exceptionnellement coopérant, sans conflit (…) et mutuellement enthousiaste à la garde alternée pour que cela profite à l’enfant ».

SOURCE :

William Fabricius (États-Unis – 2017)

Professeur agrégé de psychologie à l’Université d’Arizona State (États-Unis).

Il a mené plusieurs études reconnues mondialement et publiées notamment dans la revue “Psychology, Public Policy and Laws” et dans le magzaine “SciencePost”. La recherche porte sur 217 familles unies, comprenant le père biologique, et 175 familles recomposées, avec un beau-père présent et jouant le rôle de père. L’échantillon est composé de 187 garçons et 205 filles. Ces familles appartiennent à différentes catégories sociales. Les 392 familles passent des entretiens et remplissent un questionnaire. Elles sont ensuite suivies durant 3 ans.

Dans ses études, il démontre les avantages pour les très jeunes enfants, âgés de 2 ans et moins, à passer autant de nuit chez les deux parents. Il constate notamment un meilleur équilibre à l’adolescence et surtout des relations plus saine et plus solide avec les deux figures d’attachement : le père et la mère.

SOURCES :

Malin Bergström (Suède – 2018)

Chercheuse et clinicienne en psychologie à l’institut Karolinska à Stockholm.

Dans une étude scientifique portant sur 3 662 enfants âgés de 2 à 9 ans, Bergström conclue que les enfants en garde alternée souffrent de moins de problèmes psychologiques que ceux en garde exclusive.

La clinicienne constate Malin Bergström constate également que « les enfants d’âge préscolaire et les très jeunes enfants (…) en garde alternée ont obtenu des résultats aussi bons, voire meilleurs, que ceux vivant avec un seul parent ».

SOURCE :

Michel Grangeat (France – 2018)

Maître de conférence en sciences de l’éducation habilité à diriger des recherches. Membre du conseil scientifique de l’enseignement scolaire (CSES) de la DGESCO et membre fondateur du Conseil International sur la Résidence Alternée (CIRA / ICSP), chercheur au LSE et enseigne à l’IUFM de l’Université Grenoble.

Souvent utiliser comme argument par les juges ou les personnes contre la résidence alternée, Michel Grangeat part du constat qu’il n’y a pas de compétition entre l’attachement au père et celui à la mère. Il s’appuie sur les analyses du professeur Michael Lamb, ancien chef du département psychologie de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni. Ce chercheur démontre en regroupant plusieurs études que vouloir quantifier et prioriser les liens d’attachement n’a pas de sens. Les enfants sont prédisposés à construire et à profiter de plusieurs liens d’attachement. Les mères ne sont pas, par nature, plus sensibles et réactives aux enfants que les pères. Le facteur principal qui explique les différences, c’est la quantité de temps passé à interagir avec l’enfant : plus le parent est engagé dans le soin au bébé, plus il devient sensible et réactif à ses signaux.

Ce qui va impacter le développement de l’enfant, ce n’est pas les questions matérielles comme les déplacements d’une maison à l’autre, c’est la qualité de la relation que l’enfant va pouvoir entretenir avec chacun de ses parents. Cette qualité de relation, elle reste dépendante du fait de pouvoir être suffisamment en contact avec le parent. Si l’enfant est privé de voir son père suffisamment il ne peut pas créer de relation d’attachement sécurisante avec lui. C’est un fait.

Michel Grangeat complète et détaille également les recherches de William Fabricius (cité au-dessus) pour démontrer que la garde alternée est bénéfique même pour les plus jeunes. Quels que soient le niveau de conflit des parents, leur degré d’étude ou leurs revenus, plus le bébé (1 an) ou le tout petit enfant (2 ans) a passé de nuits avec son père, jusqu’à 50 %, plus il a une relation équilibrée avec ses parents à l’âge adulte.

SOURCES :

Comment faire évoluer la justice en France ?

Même si de nombreuses études scientifiques prouvent les bienfaits de ce mode de garde, la route est encore longue pour faire changer les mentalités. La justice française a des convictions arrêtées sur le sujet et il semble vraiment compliqué de lui faire entendre raison. Des milliers de pères s’y sont “cassés les dents” ces dernières années.

Les papas peuvent se faire accompagner par un bon avocat, monter un dossier béton, avoir des arguments solides et prouver du mieux possible leur bonne volonté, rien n’y fait. Les tribunaux croulent sous les dossiers et les affaires défilent à une vitesse folle toute la journée. En moyenne, l’audience dure 15 à 20 minutes. Parfois les pères peuvent dire quelques phrases pour se justifier et essayer d’argumenter, parfois non. En réalité, la décision est déjà souvent prise avant de rentrer dans le bureau du juge des affaires familiales.

Nous vous communiquions les chiffres en début d’article, à peine 10% des pères obtiennent une garde alternée en cas de désaccords entre les parents. Tout est dit.

Le chemin sera donc très long pour faire évoluer les choses. Nous pensions il y a quelques années, vers le début des années 2010, qu’il commençait à y avoir une prise de conscience dans l’opinion et chez certains politiques. Malheureusement, 10 ans après, les lignes n’ont pas beaucoup bougées. Il y a bien eu une petite évolution, et certaines décisions de JAF vont dans le bon sens, mais au vu des chiffres c’est dérisoire.

Pour qu’il y ait une réelle prise de conscience, il faudrait que les médias s’emparent massivement du sujet. Et que les femmes fassent aussi de ce sujet un des enjeux majeurs de la lutte pour la parité. D’ici là, on vous encourage à partager au maximum cet article et à nous donner votre avis ou votre retour d’expérience dans les commentaires. Papa de France et d’ailleurs, ne lâchez rien ! Votre combat pour, vous aussi, faire partie intégrante de la vie de vos enfants est essentiel.

ARTICLES COMPLÉMENTAIRES :

Bien entendu, d’autres spécialistes ne préconisent pas ce mode de garde pour les jeunes enfants. Néanmoins, les études citées ci-dessus sont les plus récentes et s’appuient sur des éléments concrets et détaillés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nouveau
Toux sèche : les remèdes de grand-mère
Un simple rhume suite à un coup de froid, une bronchite plus persistante, la toux sèche est vraiment désagréable. Il ne faut...
Décoration Feng Shui : bien choisir tableaux et œuvres d’art
Non tous les dessins, tableaux, images, peintures et œuvres d’art sont propices à l'harmonie dans la maison. Pour faire qu’un bon Chi...
Sur le même sujet
Peur de changer de vie : conseils de psychologues
Vous en avez marre du bureau et de votre travail qui n'a pas de sens ? Vous rêvez de partir élever des...
Garde alternée pour les jeunes enfants : études scientifiques
La résidence ou garde alternée est-elle bénéfique pour les enfants en bas-âge ? Beaucoup de parents se posent la question et les...
La libido est-elle plus élevée chez l’homme ou la femme ?
Le désir ne fonctionne pas de la même façon chez l'homme et la femme. Nous allons tenter de vous expliquer la différence...